S’intégrer dans un groupe quand on est hypersensible

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Le premier groupe que l’on intègre après sa famille est souvent celui de l’école. On apprend à vivre avec des enfants de notre âge et à être sous l’aile d’adultes autres que nos parents. Tout ça « loin » de chez nous (les trajets paraissent toujours plus long quand on est petit, non ?). Pour ma part c’est à ce moment là que j’ai découvert que mon fonctionnement n’était pas celui de tous les enfants, avec le recul je serais incapable de dire si j’avais des camarades hypersensibles. Certainement…

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Je me souviens d’un moment très précis où un des enseignants était clairement (d’après mon radar personnel) attristé par ses problèmes familiaux et je ne comprenais pas comment les autres enfants pouvaient continuer à jouer comme si tout allait bien. J’ai le souvenir de regarder la situation d’assez loin (toujours avec mon regard de petite fille) comme spectatrice d’un film et sentir le décalage. J’étais presque en colère contre mes camarades. Mais quoi faire ? Dire quelque chose n’aurait rien changé à la situation de mon point de vue, ce n’étaient pas mes affaires.

Cet événement je l’ai vécu comme une sorte de déclic, parce que j’ai eu d’autres manifestations de ce genre dans les années qui ont suivi. Puis un jour, après une énième situation où mon taux d’empathie avait débordé et qu’une amie s’est moqué de moi, j’ai décidé de tout bloquer. Du moins à garder en moi. Parce qu’on m’avait fait comprendre que c’était faible, inhabituel et décalé d’être « comme ça ».

Aujourd’hui j’ai compris qu’en fait c’était juste moi. Que de porter un masque pour se fondre dans le troupeau n’était pas la meilleure des vies qu’on pouvait s’offrir. Alors quels sont les enseignements que j’ai tiré de ces expériences (partagées sûrement avec grand nombre d’hypersensibles).

1. Apprendre à gérer nos émotions nous permet aussi d’appréhender celles des autres.

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Image de Free-Photos – Pixabay

Comprendre ses émotions et les apprivoiser nous donne du recul sur la situation que nous sommes en train de vivre. Les identifier dès qu’elles sont trop envahissantes ou qu’elles nous font perdre le contrôle peut paraître difficile les premières fois, mais avec le temps on se rend compte que les schémas se répètent. En prenant conscience de ce mécanisme, on sera capable de les accompagner pour qu’elles s’expriment sans nous faire trop de mal, en pompant toute notre énergie. Et quand on est hypersensible, cette énergie est d’autant plus précieuse. Je vous renvoie vers la vidéo de Gaëlle Glévarec sur la théorie des cuillères.

Une fois que le mécanisme des émotions est bien intégré en nous, ce sera naturellement que nous ressentirons de la compassion pour ce que ressentent les autres. Nous les comprendrons mieux, tout simplement. A nous de faire preuve d’une belle ouverture de coeur. Au sein d’un groupe, où les autres ne sont pas forcément hypersensibles, avoir ce recul là pour ne pas se laisser envahir par l’autre sera une véritable force.

2. Rester soi-même et s’assumer nous apporte un environnement bienveillant.

Pendant longtemps j’ai presque eu honte de mon hypersensibilité, parce qu’elle était couplée avec un grand manque de confiance en soi et un sentiment d’infériorité très marqué. Il faut dire que la société occidentale ne valorise pas particulièrement ce trait de personnalité. Mais ne cherchons pas le responsable à l’extérieur de nous ! Porter un masque, ne pas oser être la personne que nous sommes au fond de nous, laisser s’éteindre cette flamme intérieure, ne nous rend pas service et ne fait que retarder le moment où nous imploserons.

Probablement faudra-t-il se séparer de certaines relations dans votre entourage. Même si pour un hypersensible les séparations sont d’autant plus difficiles, parce qu’on s’attache très fort aux gens et on aimerait que ce soit pour la vie. Personnellement c’était très dur à accepter, que des distances se créent, avec ou sans raison particulière, juste de laisser partir. Mais aujourd’hui je mesure la chance que j’ai d’avoir un entourage qui correspond plus à ce que je suis, qui me comprend, m’accepte et ne me juge pas. Se rapprocher de personnes avec une certaine sensibilité dans les domaines qui me tiennent à coeur (environnement, santé, …) m’a rassuré et me fait sentir enfin à ma place. Je trouve également qu’on se sent plus valorisé et donc plus confiant quand on est sur le bon chemin. Je vous souhaite de l’expérimenter si ce n’est pas déjà fait, par exemple en attirant à vous des projets dans lesquels vous vous sentez utile et qui respectent vos valeurs. Pour moi, cela change tout au quotidien et oser sortir de ma zone de confort baisse considérablement mes angoisses. Ne plus se sentir différente, mais entendue.

3. Les jugements des autres ne nous définissent pas.

Si vous êtes familier avec l’univers du développement personnel, vous connaissez sûrement les 5 blessures de l’âme. Pour rappel ce sont le rejet, l’abandon, l’injustice, l’humiliation et la trahison. Je vous conseille vivement l’ouvrage de Lise Bourbeau à ce sujet. Chacun de nous expérimente une ou plusieurs de ces blessures, activées dans la petite enfance et réveillées tout au long de notre vie tant que nous évitons de nous confronter à elles. Ces poids de l’âme vont faire que dans certaines situations nous allons interpréter les jugements des autres comme à travers le filtre de la blessure. Un traumatisme de rejet pourra par exemple nous faire penser que notre interlocuteur nous juge sévèrement et n’adhère pas à nos propos, nos actions et donc à qui nous sommes. Il faut bien noter que ces blessures ne nous définissent pas, elles sont plutôt comme des obstacles à surmonter et à laisser derrière soi. Par extension, notons donc que les jugements des autres ne détermine en aucun cas qui nous sommes, mais la vision que l’autre a de nous à travers ses propres filtres.

Accepter nos blessures et s’en libérer (le travail de toute une vie?) allègera réellement les interactions dans un groupe, puisque comme nous, les autres ont aussi leur(s) propre(s) blessure(s) même s’ils en n’ont pas conscience. Enfin, observez le comportement que vous adoptez avec les autres. Comment pouvez-vous améliorer vos interactions sociales en ayant conscience des blessures qui sont en vous. Accueillir les propos de l’autre sans être en réaction mais aussi écouter ses besoins, voilà une piste pour aller vers plus d’authenticité.

4. Apprendre à se protéger pour se rendre disponible à l’autre.

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Image de David Mark – Pixabay

Sans se couper des autres, puisque chaque humain est un être social, il est bon de savoir se protéger des personnes « toxiques » ou « chargées » mais aussi de savoir prendre du recul vis-à-vis du vécu des personnes qui se trouvent autour de nous. Nous les hypersensibles, avons tendance à préférer les groupes restreints mais quelquefois nous nous retrouvons dans des situations où plusieurs centaines de gens s’agitent autour de nous. Il est possible que nous soyons comme des récepteurs, à capter toutes les ondes environnantes, qu’elles soient bonnes ou mauvaises.

En pratique, vous pouvez très bien imaginer un petit rituel que vous aurez élaboré pour qu’il vous corresponde. Par exemple, avant de vous rendre au milieu de la foule, prenez un moment, chez vous ou dans un lieu où vous vous sentez en sécurité, pour vous ancrer ici et maintenant, en imaginant de longues racines partir de sous vos pieds jusque très profond dans le sol. Vous sentez aussi l’énergie cosmique qui relie le haut de votre crâne au reste de l’Univers. Vous pouvez également formuler une demande du type : « Aujourd’hui, je reste centrée sur ce que je vis personnellement et laisse aux autres leurs états d’âme ». J’aime aussi beaucoup utiliser la bulle de protection lumineuse qui englobe tout mon corps physique. Elle est à la fois légère et impénétrable.

Capter les ressentis peut être une force, il faut juste choisir quand on veut en faire usage. Comme une discussion d’âme à âme, sans que les mots soient nécessaires. Retenons qu’il est important de ne pas se laisser polluer par les autres, que nous avons déjà à faire avec nous-même. Adopter la compassion plutôt que l’empathie, ressentir ce que vit l’autre sans que cela affecte notre propre énergie.


Pour conclure, faire partie d’un groupe ne veut pas dire s’oublier. Il est bon de réussir à équilibrer nos besoins personnels et d’adopter envers l’autre une ouverture de coeur pour nous rendre disponible quand nous le souhaitons. L’autre a aussi beaucoup à nous apporter, c’est à travers lui que l’on grandit. Construisez-vous un entourage qui vous ressemble et qui s’accorde avec vos valeurs, vous serez alors dans une belle énergie !

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